| 07-05-2012 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
![]()
Un avion Piper Cheyenne 3 PA 42 de la compagnie TAI (Transports aériens Intercaraïbes), basé à Grand Case, s'est abîmé en mer dans la nuit de vendredi à samedi 5 mai, avec quatre personnes à son bord, dont le pilote Bruno Lejeune (photo ci-dessus). Les secours dirigés par le Cross Antilles Guyane ont repéré l'épave de l'avion par 10 mètres de fond au large de l'îlet Cayes Vertes samedi matin, à un mile des côtes de la baie orientale. Durant le week-end, un important dispositif de secours était mis en place pour tenter de retrouver les corps des victimes.
Aérien
Crash d'un avion sanitaire à Saint-Martin : 4 morts
Un avion Piper Cheyenne 3 PA 42 de la compagnie TAI (Transports aériens Intercaraïbes), basé à Grand Case, s'est abîmé en mer dans la nuit de vendredi à samedi 5 mai, avec quatre personnes à son bord. Les secours dirigés par le Cross Antilles Guyane ont repéré l'épave de l'avion par 10 mètres de fond au large de l'îlet Cayes Vertes samedi dans la matinée, à un mile des côtes de la baie orientale. Durant le week-end, un important dispositif de secours était mis en place pour tenter de retrouver les corps des victimes.
L'avion s'est crashé en mer quelques minutes après son décollage de l'aéroport de Grand Case. Il a décollé à 2h39 exactement le 5 mai, et s'est abîmé en mer à 2h43 du matin. A son bord se trouvaient un patient de l'hôpital SMMC de la partie hollandaise (Mr Panayotis (un touriste d'origine chypriote), un médecin urgentiste (Dr Dudoid) et un infirmier anesthésiste (Mr Omer) du SAMU de Fort de France, et le pilote de la TAI, Bruno Lejeune, domicilié à Saint-Martin. Tous ont péri dans l'accident. L'avion de la TAI a été affrété à la dernière minute, dans la nuit de vendredi à samedi.
Les personnels du SAMU de la Martinique avaient atterri à l'aéroport Princess Juliana, un peu plus tôt dans la soirée à bord d'un avion sanitaire affrété par la compagnie d'assurances du patient chypriote hospitalisé au SMMC (St Maarten Medical Center). Il avait fait plusieurs attaques cardiaques dans la journée et se trouvait dans un état très critique nécessitant son transfert dans un CHU. Lorsque l'équipage martiniquais a voulu décoller de l'aéroport Princess Juliana, un problème technique sur l'appareil les en a empêchés. La décision a alors été prise de faire appel à la TAI, qui a fait le nécessaire pour décoller dans la nuit, et mener ce patient chypriote à Fort de France. L'équipe du SAMU et le patient ont donc pris la route jusqu'à l'aéroport de Grand-Case où les attendaient le Piper Cheyenne de la TAI, et son pilote.
LE PIPER RÉVISÉ EN MARS 2012
Selon Gérard Avril, le patron de la TAI que nous avons joint par téléphone samedi, l'avion immatriculé F-GXES était en bon état, il avait fait l’objet d’une révision complète en mars dernier. L’avion a été préparé un peu après minuit pour pouvoir accueillir ce patient. Gérard Avril nous expliquait avoir contacté son pilote Bruno Lejeune vers minuit pour qu'il effectue le transport. Bruno avait 43 ans, c'était un pilote expérimenté sur Cheyenne, il a longtemps travaillé en Afrique et à St Pierre et Michelon, et avait beaucoup d'heures de vols à son actif. Il s'était installé à Saint-Martin, il y a un peu plus de 4 ans, et travaillait comme pilote pour la TAI, il était père de deux enfants.
« Lors de la préparation de l'appareil, tout était ok, Bruno a décollé à 2h39 exactement, et de mon côté je suis rentré chez moi. Le contrôleur aérien a donné l'alerte quelques minutes plus tard, n'ayant pas reçu le retour radio de la part de Bruno l'informant qu'il passait sur la fréquence américaine de Porto Rico, comme cela se fait lorsqu'on décolle de Grand Case la nuit. C'est une catastrophe, je voulais partir avec eux, mais Bruno m'a assuré qu'il ferait le trajet seul, je regrette car à l'heure qu'il est, j'aurais préféré être à bord avec eux », témoigne Gérard Avril, choqué par l'accident.
Des témoins observent l'avion finir sa course en mer
Au même moment, du côté du Boo Boo Jam, plusieurs témoins qui participaient à une fête ont vu l'appareil entamer son décollage, puis percuter l'eau quelques minutes plus tard dans un bruit assourdissant. Une jeune femme explique qu'elle a vu l'appareil voler anormalement bas : « L'avion volait très bas, il n'était absolument pas en flammes comme j'ai pu l'entendre dire. Au contraire, ce n'est que lorsqu'il a percuté l'eau que toutes ses lumières se sont éteintes, notamment sur les ailes, et qu’un énorme bruit est survenu ». De nombreuses personnes, présentes au Boo Boo Jam au moment des faits, ont entendu le bruit causé par l'appareil lorsqu’il a touché l’eau.
Un important dispositif de secours dépéché sur place
Le préfet, qui est le directeur des opérations de secours, nous informait que dès réception de l'alerte donnée par des témoins qui se trouvaient sur la Baie Orientale, le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage Antilles Guyane avait, dans le cadre de l'action de l'Etat en mer, engagé les moyens nautiques et aéronautiques nécessaires pour localiser le lieu du crash de l'appareil et porter secours. Le Cross, la SNSM, les Douanes, mais aussi deux bateaux des garde-côtes néerlandais, et un hélicoptère dragon de la sécurité civile de Guadeloupe secondé par un hélicoptère de la gendarmerie et un Dash hollandais, ont recherché la carlingue de l'appareil plusieurs heures. Dans le même temps, le préfet délégué a mis en place une cellule de coordination à la préfecture et engagé les services de gendarmerie et d'incendie et de secours.
L'épave de l'appareil a été localisée par les services de secours dans la matinée de samedi. Les recherches se poursuivaient le reste du week-end, afin de localiser les corps des 4 personnes disparues. Le préfet de la région Guadeloupe et le préfet délégué auprès du représentant de l'Etat dans les collectivités de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ont exprimé leur profonde émotion, et présenté leurs condoléances aux familles des victimes. Ils ont assuré de leur soutien toute la communauté des acteurs du secours aux Antilles. En Martinique, une cellule psychologique était ouverte pour la prise en charge des proches des victimes, dès samedi. Samedi matin, le St Martin’s Week se rendait sur la zone d’impact, de nombreux débris étaient éparpillés dans l’eau et des traces de kérosène étaient visibles çà et là. L’épave de l’avion gisait à 10 mètres de fond derrière l’îlet Cayes Vertes.
Une longue enquête s'annonce
Présent aux côtés du préfet Chopin lors de la conférence de presse en préfecture samedi, le vice-procureur Louvier annonçait que dès dimanche, une équipe spécialisée du bureau d'enquête analyse de la DGAC arriverait à Saint-Martin, ainsi que des gendarmes du transport aérien et des spécialistes de l'identification des victimes. Le préfet a prononcé un arrêté pour interdire le mouillage à un mile autour de Tintamarre, car les débris de l'avion dérivent, et il n'est pas question que des éléments de preuve soient détruits. L'enquête est menée conjointement par la brigade de recherches de la gendarmerie de St Martin, et par la section de recherches de la DGAC, avec des gendarmes chevronnés qui ont enquêté sur le crash du Concorde, puis du Paris/Rio. Ce type d'appareil n'est pas équipé de boîte noire, et les conversations à bord du cockpit ne sont pas non plus enregistrées. Cependant des documents écrits émanant de l'appareil ont été saisis auprès de la TAI. Dimanche, les équipes de plongeurs avaient bien avancé dans leur travail de repérage, un point presse devrait était donné par les autorités en début de semaine.
La TAI au cœur d'une polémique en 2011
La TAI avait fait la Une de notre journal, en novembre 2011, lorsque le syndicat des praticiens du centre hospitalier de Saint-Martin avait dénoncé les conditions de transport des patients par la TAI. Les praticiens hospitaliers estimaient alors que le service à bord n'était pas suffisant. La direction de l'hôpital avait alors décidé de suspendre son contrat avec TAI. La compagnie travaillait pourtant depuis 10 ans avec le centre hospitalier de Saint-Martin et avait transporté près de 3500 patients en une décennie de collaboration. Mais fin 2011, la DGAC interdisait à la société néerlandaise Jet Budget qui avait pris le relais de la TAI, d'opérer partie française. Le préfet de l'époque, Jacques Simonnet, faisait une communication officielle dans les journaux pour informer que la TAI avait fait l'objet d'une étude de la DGAC et qu'elle réunissait toutes les garanties techniques et sanitaires pour réaliser les évacuations sanitaires de la partie française. Finalement, l'hôpital de Marigot décidait de confier ce marché à Jet Budget, et la DGAC finissait par accorder l'agrément à cette société de Sint Maarten. La TAI conservait d'autres contrats, notamment avec le SAMU de Guadeloupe et des compagnies d’assurances.
Si les médecins du CH de Saint-Martin avaient tiré la sonnette d'alarme sur l'état de cet appareil, qui avait déjà enregistré un incident technique en 2004 en métropole (éclatement d'une vitre latérale gauche qui avait entraîné une dépressurisation), il faudra cependant attendre les conclusions de l'enquête pour connaître les causes réelles de ce crash aérien, qui a provoqué la mort de quatre personnes. N.L.
Powered by !JoomlaComment 3.26
3.26 Copyright (C) 2008 Compojoom.com / Copyright (C) 2007 Alain Georgette / Copyright (C) 2006 Frantisek Hliva. All rights reserved." |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||