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03-08-2012 |

Elevage
Des vaches malades laissées à l'abandon
Plusieurs bovins atteints de dermatophilose, une maladie de peau qui peut être mortelle, divaguent dans Saint-Martin sans que personne ne semble se préoccuper de leur sort. D'après l'association des éleveurs, il y aurait actuellement une rupture de stock du traitement qui permet de soigner la maladie. La semaine dernière, une vache est morte à l'Anse Marcel après plusieurs jours d'agonie et les riverains se sont retrouvés désemparés face à cette pauvre bête.
La dermatophilose, une maladie infectieuse d'origine bactérienne, transmise par la fameuse tique « sénégalaise » est courante dans nos régions, mais il existe des remèdes pour la soigner. D'après les précisions d'un vétérinaire exerçant sur l'île : « la dermatophilose est très fréquente dans les pays tropicaux, et plus particulièrement dans les zones où la tique Amblyomma variegatum est présente, car celle-ci aggrave considérablement l'expression clinique de la dermatophilose. Les îles des Caraïbes sont principalement concernées. Mais cette maladie se soigne bien avec des antibiotiques, et la quasi totalité des éleveurs de l'île surveille et soigne son troupeau. » Pourtant, plusieurs bêtes gravement atteintes par la maladie ont été observées ces dernières semaines vers Happy Bay ou dans le secteur de l'Anse Marcel. Les vaches ont des sortes de pustules sur tout le corps et si elles ne sont pas soignées, elles meurent progressivement, car une fois que la dermatophilose a atteint les muqueuses et les pieds, la vache n'a plus la force de marcher ou de se nourrir. C'est ce qui est arrivé à cette pauvre bête découverte la semaine dernière par des riverains à l'Anse Marcel. La vache divaguait depuis plusieurs jours dans le secteur et a fini pas s'allonger sous un arbre pour se laisser mourir. Des habitants du quartier ont tenté de prévenir l'éleveur et les autorités, mais personne n'a semblé pouvoir agir et la bête est finalement morte après une longue agonie. C'est ensuite un artisan travaillant dans le secteur qui a dû évacuer le cadavre. Les riverains ont été choqués par cet incident, d'autant plus que ce n'est pas la première fois que cela se produit. Ces dernières semaines, deux cadavres de bovins ont encore été découverts sur la plage de "Bell Point" juste à côté de l'Anse Marcel. A Happy Bay, certaines vaches du troupeau qui paisse non loin de la plage sont également dans un état déplorable, avec des zones de peau à vif. La maladie est favorisée par les temps chauds et humides, ce qui explique cette recrudescence saisonnière.
Une rupture de stock des traitements
D'après le président de l'association des éleveurs de Saint-Martin, Dorvan Cocks, il y aurait depuis presque 2 mois une rupture de stocks des antibiotiques utilisés pour le traitement de la dermatophilose. Le fournisseur en Guadeloupe n'a plus de produits et ne peut donc plus fournir Saint-Martin. Ce traitement est subventionné pour les éleveurs, et ceux-ci sont actuellement contraints de rechercher d'autres voies d'approvisionnement, et de payer au prix fort ces produits relativement coûteux. Certains éleveurs ne soignent donc plus leur troupeau de manière satisfaisante, il existe pourtant des traitements autres que celui utilisé habituellement, pour traiter les animaux malades. Il n'est donc pas normal de voir déambuler dans Saint-Martin des animaux rongés par la maladie. Les agriculteurs sont certes dans une situation financière difficile actuellement à cause du retard d'ouverture de l'abattoir, mais la plupart parviennent tout de même à maintenir leur troupeau en bonne santé. Beaucoup de personnes sont choquées de voir ces animaux malades se promener sur la voie publique, leurs éleveurs doivent réagir et traiter au moins les bêtes les plus gravement atteintes. M.M.
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