
Le président Richardson rencontrait Régina Labéga, la directrice des opérations de l'aéroport Princess Juliana, lundi, afin de savoir quelle était sa position sur l'éventuelle arrivée à Juliana de la compagnie Air Antilles Express. Si cette dernière affirmait que rien n'était acté avec Air Antilles Express, Eric Coury, le dirigeant de la compagnie, a été beaucoup plus direct, en annonçant qu'il quitterait Grand Case en septembre si la taxe sur les billets d'avion est maintenue par la collectivité. Une situation de crise qui inquiète les employés et opérateurs de l'aéroport de Grand-Case, qui envisagent une mobilisation.
Crise aérienne
Le président de la COM maintient la taxe, Air Antilles annonce son départ en septembre
Le président Richardson rencontrait Régina Labéga, la responsable de l'aéroport Princess Juliana, lundi, afin de savoir quelle était sa position sur l'éventuelle arrivée à Juliana de la compagnie Air Antilles Express. Si cette dernière affirmait que rien n'était encore acté avec Air Antilles Express, Eric Coury, le dirigeant de la compagnie, a été beaucoup plus direct, en annonçant qu'il quitterait Grand Case en septembre si la taxe sur les billets d'avion est maintenue par la collectivité. Une situation de crise qui inquiète les employés et opérateurs de l'aéroport de Grand-Case, qui envisagent une mobilisation.
Depuis le 15 juin dernier, la centaine d'employés de l'aéroport de Grand Case et les entreprises qui travaillent sur le site entendent les rumeurs de départ des compagnies Air Caraïbes et Air Antilles Express vers Juliana, et s'inquiètent du devenir de l'aéroport régional de la partie française. En cause, la taxe de 10 euros sur les billets d'avion, instaurée depuis le 1er juillet 2012 par la majorité territoriale RRR, qui a besoin de recettes pour financer l'achat des terrains qui permettront l'agrandissement de la piste. Air Caraïbes et Air Antilles Express, les deux compagnies qui opèrent et font vivre le site de Grand Case, ont été mises devant le fait accompli, et sont prêtes à expatrier leur activité à Juliana dès la rentrée de septembre, si la COM maintient sa taxe en l'état.
Incrédules sur le départ des compagnies, les élus territoriaux Alain Richardson et Guillaume Arnell ont rencontré Régina Labéga directrice des opérations à Juliana, qui les a rassurés sur les intentions de l'aéroport. « J'ai appris la semaine dernière dans les articles de presse qu'il y avait des problèmes entre la COM et les deux compagnies sur la partie française. Nous n'avons rien négocié avec elles », a t-elle affirmé aux deux élus.
Rassuré par les propos de Régina Labega qui confirmait sa volonté de travailler en partenariat avec l'aéroport de la partie française, le président de la collectivité Alain Richardson expliquait hier qu'il maintiendrait la taxe de 10 euros/billet, « car elle représente une contribution au développement de Grand Case et à l'agrandissement de la piste ». « Cette taxe va permettre d'améliorer les infrastructures aéroportuaires, il est normal que les usagers de l'aéroport y contribuent. Les compagnies aériennes seront gagnantes au final, car une fois la piste allongée, leurs avions pourront atterrir en pleine capacité de passagers et de kérosène, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Le résultat sera profitable pour elles. D'ailleurs notre majorité va très bientôt présenter le plan de développement de l'aéroport », expliquait le président hier au journaliste Robert Luckock du Daily Herald, avec qui nous avons travaillé sur ce dossier. Le président précisait enfin qu'il n'était pas impressionné par les méthodes d'intimidation des deux compagnies, et réitérait son souhait de maintenir la taxe.
Eric Coury : « Si la taxe est maintenue, mes avions iront à Juliana !»
Le même jour, Régina Labega rencontrait les dirigeants d'Air Caraïbes et Air Antilles Express, à leur demande, afin de comprendre leurs desideratas.
« Nous avons eu des contacts préliminaires avec Air Caraïbes et Air Antilles, lundi, mais rien de concret pour le moment », a t-elle confié au journaliste du Daily Herald, hier depuis Curaçao où elle était en déplacement.
Joint par téléphone, Eric Coury, Directeur général d'Air Antilles Express, nous expliquait qu'il n'était pas dans une situation de négociation ou de surenchère avec la collectivité. « Je n'ai jamais rencontré le président Richardson depuis qu'il a mis en place cette taxe, je ne suis pas dans une optique de négociation ou de bluff, je ne demande rien à personne, que ce soit clair ! Je prends acte d'une situation et je m'organise en conséquence. Ce qui est certain, c'est que cette taxe est incompatible avec le développement de ma société, si elle est maintenue ainsi, mes avions atterriront à Juliana, dès le mois de septembre. Il faut savoir que plus le prix d'un billet est élevé, moins les passagers voyagent. Nous avons déjà perdu 7% de trafic avec la taxe instaurée en décembre dernier par le gestionnaire de l'aéroport SNC Lavalin, cette taxe de 10 euros signifie une perte de trafic supplémentaire de 8%. Avec 25 euros de taxe sur le prix d'un billet pour la Guadeloupe en 6 mois, c'est 35% d'augmentation du prix global, c'est inconcevable. Je n'ai jamais vu des élus traiter ainsi des compagnies aériennes, sans aucune discussion préalable ! Pour ma part, j'ai déjà les droits de trafic pour opérer à Juliana, mes avions peuvent y atterrir dès demain si je le souhaite ! »
Richard Degryse DG de la compagnie Air Caraïbes nous confiait, hier, que l'entrevue avec Regina Labega n'avait pas abouti à une proposition concrète. « Nous nous sommes rencontrés pour évoquer une éventuelle venue à Juliana, mais nous n'avons pas eu de proposition chiffrée, il est trop tôt. De toute façon, il n'est pas possible de quitter Grand Case en pleine saison estivale. De mon côté, je souhaite qu'une table ronde soit organisée entre la SNC Lavalin, la COM et les compagnies, afin de trouver un terrain d'entente. Maintenant, si la taxe reste en l'état, Air Caraïbes, qui traite déjà ses vols longs courriers à Juliana, envisagera aussi d'y installer ses vols régionaux. Mais encore une fois, c'est de concertation dont nous avons besoin. Nous ne comprenons pas pourquoi cette taxe de 10 euros a été mise en place sans discussion préalable. La Collectivité doit revenir sur le montant et nous proposer quelque chose d'acceptable », concluait-il.
Il semblerait donc que les deux compagnies envisagent sérieusement de déplacer leur activité à Juliana si la collectivité n'engage pas la discussion pour renégocier la taxe. C'est une fois encore un manque de dialogue qui crée l'incompréhension dans cette crise aérienne. À elles deux, les compagnies Air Caraïbes et Air Antilles Express génèrent plus de 100 000 passagers par an à Grand Case, et représentent près de 4 millions d'euros de chiffre par an pour l'aéroport. Si elles venaient à partir, des centaines d'emplois seraient menacés et tous les secteurs du tourisme seraient impactés (taxi, loueurs, hôtels, etc...). D'ailleurs, les employés du site envisagent déjà de se mobiliser pour sauver Grand Case. Un enjeu trop grand pour que la collectivité prenne le risque de perdre cette manne financière, en pleine crise économique... N.L
Menace sur les emplois
L'association des loueurs de voitures appelle à la mobilisation de tous
L'association des loueurs de Grand Case s'étant réunie à la suite des événements en cours, s'agissant du départ annoncé de la compagnie Air Antilles Express à compter du 13 juillet prochain, il ressort de cette concertation que les conditions ainsi créées par les décisions de la nouvelle collectivité et le départ qui s'en suivrait d'Air Antilles Express, ne permettront plus aux compagnies actuellement en exercice sur le site de l'aéroport, de faire face aux engagements prévus contractuellement dans le cadre du développement futur de l'aéroport. En effet, le départ de cette compagnie engendrera une perte de chiffre d'affaires importante dans une économie déjà précaire, ne permettant plus d'une part, le maintien du personnel en place, et d'autre part la maintenance locative des bureaux et emplacements réservés à l'accueil des passagers. Il en va de même des fournisseurs, sous-traitants ainsi que des partenaires hôteliers, avec lesquels les compagnies fonctionnent, de même que pour les compagnies de bus et taxi, qui pour l'ensemble de ces acteurs économiques, subiront par phénomène de cascade, les mêmes conséquences économiques dont l'issue risque d'être fatale pour les entreprises les plus fragiles. Laquelle situation ainsi engendrée, allant à l'encontre des espoirs escomptés dans le développement durable pourtant récemment promis pour l'aéroport de Grand Case, qui se profile aujourd'hui plutôt comme un désastre économique, porteur de perte d'emplois pour l'ensemble des entreprises concernées, qui envisagent déjà pour quelques une d'entres elles, un repositionnement en partie hollandaise.
Face à un tel déficit économique qui se profile, nous invitons l'ensemble de nos partenaires économiques et l'ensemble de la population directement concernée, à se mobiliser et nous rejoindre pour réagir contre cette décision auprès des instances concernées, afin qu'il soit épargné à notre économie un nouvel aggravement de sa situation.
L'Association des loueurs de voitures de Grand-Case
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