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22-06-2012 |
LES SALARIÉS TOUJOURS EN GRÈVE : le statu quo
Boo Boo Jam
Les salariés toujours en grève : le statu quo
Voilà près de quinze jours que des employés du restaurant le Boo Boo Jam à la Baie Orientale ont cessé le travail pour protester contre le licenciement du plagiste de l’établissement qu’ils jugent abusif. Depuis, les grévistes attendent de pouvoir rencontrer les gérants. Seulement, ces derniers déclarent à leur tour qu’ils ne céderont pas « au chantage et à l’extorsion ».
Les grévistes avaient rendez-vous jeudi matin avec l’inspection du travail. « Nous attendons l’appel de la direction du Boo Boo Jam pour pouvoir négocier », déclare le représentant du syndicat CGTG, avant d’ajouter que les grévistes sont « prêts » à discuter avec la direction et que « ce sont les patrons qui ne veulent pas ». « Rien n’a changé », déclare l’un des employés en grève. Du côté des gérants du Boo Boo Jam, le son de cloche reste le même que depuis le début de la grève. « Il n’y a pas d’évolution », disent-ils, avant d’indiquer qu’ils ont rencontré eux aussi différentes administrations, notamment la préfecture et l’inspection du travail. « Nous leur avons donné notre point de vue », ajoutent-ils. « Mais nous persistons sur le fait que les revendications des grévistes ne sont pas recevables et qu’elles ne reposent sur rien de légal. Nous ne céderons pas au chantage et à l’extorsion. L’inspection du travail a rendez-vous avec les grévistes et nous verrons où cela va mener ».
Rappelons que les gérants de l’établissement envoyaient un communiqué à la presse la semaine dernière pour « apporter quelques précisions ». « Le blocage a eu lieu sans préavis ni même essai de négociation, avec la réelle volonté de nuire à l’entreprise », avaient-ils indiqué. « Poussés par le syndicat, certains salariés prennent en otages les autres salariés du restaurant en leur interdisant l’accès à leur travail par le blocage à la barrière, par le collage des serrures du restaurant et en intimidant d’autres pour qu’ils se joignent au mouvement ». Les revendications des grévistes portent notamment sur l’élection d’un représentant du personnel, le rétablissement de primes (il s’agirait de leur verser 25 centimes en liquide par couverts servis), la réintégration du plagiste licencié, qui a été renvoyé pour un incident grave au sein de l’établissement, et le départ du manager.
« Nous avons toujours eu à cœur de conserver l’esprit du Boo Boo Jam, ses clients, son personnel, son ambiance créole et la volonté de travailler dans une bonne cohésion sociale sans aucune distinction. Mais nous ne pouvons en aucun cas accepter de subir ces manœuvres douteuses, et de servir d’exemple, pour la promotion d’une organisation syndicale venue semer le chaos à Saint-Martin. Nous sommes désolés pour le personnel non gréviste pris en otage, les clients déçus de ne pas pouvoir venir s’amuser comme à leur habitude », concluaient les patrons du Boo Boo Jam.
Jeudi matin, le représentant des salariés à la CGTG, Mr Iman, a rencontré la responsable de l’inspection du travail madame Gazola, afin de trouver un terrain d’entente. Cette entrevue n’a rien donné de concret, chacune des deux parties préférant camper sur ses positions. Le patron du Boo Boo Jam estime irrecevables les revendications de ses salariés et ne souhaite pas négocier sur ces bases. Au final, le statu quo est toujours de rigueur, et c’est probablement la justice qui va devoir prendre le relais de ce dossier. Le Boo Boo Jam, qui est devenu une institution au fil du temps, montre portes closes depuis le 8 juin dernier. Après quinze jours d’inactivité, l’avenir de cet établissement est aujourd’hui plus que menacé, et si les salariés ne reviennent pas sur leurs revendications, l’on se dirige vers un dépôt de bilan... À suivre… C.C.-F.
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