Saint-Martin's Week : Comment s'est passée votre arrivée aux affaires de la Collectivité ?
Guillaume Arnell : Nous avions les affectations pour les pôles, et les arrêtés ont été publiés vendredi dernier. Dès lundi, le président Richardson et les quatre vice-présidents sont passés dans chacun des pôles pour se présenter. Je suis affecté au Développement Durable, un pôle qui récupère de nouvelles compétences (habitat, construction, urbanisme), il y a donc du travail ! J'ai beaucoup de plaisir à occuper ces nouvelles fonctions, et même si j'envisage d'apporter des modifications dans le temps, cela se fera en concertation avec les personnels des différents services. Mon objectif est d'améliorer le quotidien des agents, leur cadre de travail, j'arrive avec du sang neuf et des idées ! Le président Richardson a déjà demandé un inventaire du patrimoine immobilier de la COM, le but étant d'optimiser les services et de les redéployer si besoin, pour que tous les employés puissent travailler dans des conditions de travail similaires. Il doit y avoir une rupture avec le fonctionnement passé, et une cohérence dans l'organisation.
SMW : Quelles sont vos priorités au sein du pôle de développement Durable ?
Guillaume Arnell : Pour ce qui est de mon pôle, l'une de mes préoccupations principales est l'aménagement du territoire, auquel j'attache une grande importance. Par exemple, nous comptons réaffecter la taxe sur les produits pétroliers (TPP) à la réfection des routes, comme cela était prévu initialement, afin d'avoir un réseau routier entretenu. Le but est de travailler dans la transparence de l'affectation des différentes recettes. Des travaux prioritaires doivent aussi être engagés en centre-ville pour donner une image cohérente de la COM. En matière d'Environnement, il est urgent de nettoyer les abords de la ville, d'opter les carcasses abandonnées. Les privés devront y mettre du leur en nettoyant leur terrain. Il est aussi question de revoir les contrats de nettoyage de la COM afin d'optimiser les marchés. La nouveauté de notre mandature, c'est que dans leur pôle d'affectation, les vice-présidents sont assistés par des conseillers territoriaux. Ainsi, René-Jean Duret me seconde pour les questions d'aménagement routier, Louis Fleming pour le transport, qui a été rattaché au pôle de développement durable, et Jean-David Richardson, pour l'Environnement, le cadre de vie et les 50 pas géométriques.
SMW : Quelle est votre position pour les élections présidentielles ?
Guillaume Arnell : Le RRR n'a pas de positionnement unique car les colistiers sont issus de plusieurs bords politiques. Officiellement, j'ai choisi de soutenir François Hollande, je suis de sensibilité de gauche, même si je n'ai jamais eu la carte d'un parti. J'ai toujours soutenu les candidats de gauche par le passé et je continue dans cette logique. Par contre, je n'adhère à aucun parti, car je souhaite conserver ma liberté d'agir sans suivre une ligne de parti. D'autant plus que cela conditionnerait ma candidature aux élections législatives...
SMW : Vous serez candidat à la députation ?
Guillaume Arnell : Oui, bien sûr ! Je n'ai pas l'impression que notre parlementaire précédent ait particulièrement rayonné à l'Assemblée Nationale, même s'il a contribué à l'acquisition de la compétence de source. A mon sens, Me Lurel n'a pas assez travaillé avec les conseillers territoriaux de Saint-Martin, nous aurions apprécié cet échange. Saint-Martin a désormais besoin d'une meilleure image nationale. Je veux aussi faire la moitié du chemin pour représenter St Barth, d'où ma neutralité politique. Je considère qu'il est possible d'assumer la charge parlementaire et la charge territoriale, d'autant que j'ai avec moi des conseillers pour me seconder au pôle. Par contre, si les deux charges sont incompatibles, je serais le premier à revenir sur ma décision. Je souhaite donc une entente avec la liste de Bruno Magras (UMP). J'irai le voir très bientôt pour connaître son état d'esprit et discuter avec lui des possibilités pour les législatives. Les résultats des présidentielles n'y changeront rien.
SMW : Comment avez-vous vécu la victoire du RRR et l'épisode du plagiat ?
Guillaume Arnell : Je ne veux pas revenir sur le plagiat, le président a mis un terme à cette histoire. La victoire du RRR fut une belle victoire, je regrette de ne pas avoir été là pour l'investiture le 1er avril, mais j'étais retenu à Bruxelles pour les études de mon fils qui intègre une école de pilote professionnel. Ce déplacement en famille était prévu de longue date et je ne pouvais pas m'y soustraire. Pour ce qui est de la campagne électorale du RRR, j'étais chargé de la coordination, et à ce titre, je tiens à remercier le président Richardson pour sa confiance, et tous les sympathisants et colistiers qui ont animé les QG de Marigot et Quartier d'Orléans, car ils ont contribué à notre victoire. Ces deux QG vont de nouveaux être actionnés pour les élections législatives.
SMW : Qu'en est-il des fameux soutiens du RRR de Théo Heyliger ou Mr Fischer ?
Guillaume Arnell : Je répondrai une seule chose : les personnes qui le souhaitaient ont soutenu le RRR pendant la campagne. Une fois validés, les comptes de campagne du RRR seront publiés, et l'on verra qui sont les généreux donateurs de notre groupe. Et quand bien même des Hollandais en feraient partie, ils en ont bien le droit... Il y a toujours eu un lien entre politiques du Nord et du Sud de l'île. Dire que le RRR ne fera pas de développement du Front de mer, c'est une hérésie, cela fait partie de notre programme, et nous avons un projet pour le Front de mer, dirigé par nous et non pas par les investisseurs eux-mêmes. Mais auparavant, il y a d'autres priorités, comme redynamiser le tourisme et le centre-ville de Marigot, pour améliorer le cadre de vie des citoyens. Nous allons aussi lutter contre la fraude fiscale pour récupérer des recettes. Il faut que tout le monde joue le jeu.
Propos recueillis par N.L