Nous sommes maintenant à six petites semaines des élections territoriales et comme nous le titrions cinq ans plus tôt, lors des premières élections territoriales de 2007 : " Où sont les candidats, où sont les listes, où sont les programmes ?" Nous nous posons aujourd'hui les mêmes questions, au même titre que les socio-professionnels dans le communiqué de la FIPCOM
Certes, c'est un moindre peu, car on connaît désormais officiellement trois têtes de liste : Louis Mussington, Louis Constant Fleming et Daniel Gibbs par ordre d'apparition dans les candidatures. Bien entendu, nous nous doutons de la prochaine annonce d'Alain Richardson pour commander la liste RRR et d'un candidat ou d'une candidate pour piloter la liste émanant de l'alliance Alternatives Citoyennes/Génération Solidaire. Enfin, il n'est jamais impossible de voir sortir du chapeau une liste de dernière minute...
Hormis Daniel Gibbs, dont la liste n'est toujours pas finalisée, très présent sur le terrain des médias - au point que certains y voient du favoritisme - les autres sont du genre discrets voire mystérieux... Peut-être n'ont-ils pas grand chose à dire pour le moment, ou ont-ils peur d'être copiés par leurs adversaires parce qu'ils gardent en réserve des solutions miracles ? Certains ont annoncé que la campagne ne commencera que le 5 mars, soit à peine 13 jours avant le scrutin... C'est dire le respect et la considération que nos politiques peuvent avoir pour leurs électeurs... Enfin, on vous dira : " C'est comme ça à Saint-Martin, on vote pour l'homme, pas pour son programme !"
Pendant ce temps, nous regardons la télévision. En France, aux Etats-Unis et ailleurs, les batailles électorales font rage à coups de débats, de meetings, d'articles de presse, de déclarations analysées par des experts de tous ordres, de commentaires ou d'annonces sur des programmes extrêmement décortiqués depuis des mois pour que chaque candidat puisse se positionner. Là-bas, on cherche à convaincre un électorat pour sortir de la crise ou pour trouver des solutions à une vie et un avenir meilleurs. Dans cette durée et parce qu'il y a véritablement débat, tous les partis s'affûtent, réajustent leurs programmes, ou vont jusqu'à repenser des propositions irréalistes pour être le plus prés possible des contraintes de gestion d'un pays, encadré par des lois et des économies balbutiantes. Partout, les leaders politiques mettent en exergue des restrictions budgétaires chiffrées poste par poste, partout des plans de relances sociales ou économiques sont quantifiés au centime, partout des prévisions sont établies quelles que soient les propositions, et chacun peut estimer ses choix.
Ici, on attend le dernier moment en se vantant d'être résolument prêt à prendre le pouvoir demain. À tel point qu'il ne se passe pas une journée sans rencontrer quelqu'un qui vous dise : " Je ne me suis pas inscrit, à quoi bon, pour qui, pourquoi, de toute façon on en sait rien ", ou bien encore : " Tu sais toi qui est le meilleur et ce qu'il va faire ?". C'est tellement compréhensible dans ce contexte où nous n'avons pas de visibilité réelle et sérieuse.
Alors, combien de temps va t'il encore falloir attendre pour avoir une vision politique, et de quelles natures seront ces promesses ? Aura t'on le courage, à l'instar de Jean Paul Fisher dans son dernier article (Week de mercredi), d'initier une politique d'austérité, notamment dans les coûts du fonctionnement de la C0M, considérant l'inflation des coûts sociaux en 2012 ? Ou comme le pense Daniel Gibbs, diront-ils à la population que sans investisseurs privés bien identifiés, l'île est condamnée à végéter ?
Gageons sur un sursaut de nos candidats dans les prochains jours pour voir dans les listes des hommes et des femmes compétents nous révéler des programmes bien bâtis, réalistes, chiffrés et aptes à nous sortir d'une crise sans précédent... JMP