Le 3 janvier 2010, un couple de restaurateurs et leurs deux enfants étaient braqués dans leur maison à Cul-de-Sac. La somme de 40 000 euros, des bijoux et des cartes de crédit leur avaient été dérobés. Il s’agissait d’un vol avec violence, commis sous la menace d’une arme par deux hommes, aidés par un complice. C’est ce dernier, Pierre G., qui était jugé hier jeudi au tribunal correctionnel de Saint-Martin, deux ans après les faits, les deux braqueurs ayant disparu.
TRIBUNAL : Vol à main armée
Deux coupables en fuite, leur complice condamné !
Le 3 janvier 2010, un couple de restaurateurs et leurs deux enfants étaient braqués dans leur maison à Cul-de-Sac. La somme de 40 000 euros, des bijoux et des cartes de crédit leur avaient été dérobés. Il s’agissait d’un vol avec violence, commis sous la menace d’une arme par deux hommes, aidés par un complice. C’est ce dernier, Pierre G., qui était jugé hier jeudi au tribunal correctionnel de Saint-Martin, deux ans après les faits, les deux braqueurs ayant disparu.
Les deux braqueurs sont recherchés pour vol avec violence et séquestration. L’un d’eux, surnommé « Costaud », est en fuite et fait l’objet d’un mandat d’arrêt depuis le 17 août 2010. L’autre serait décédé. Il ne restait donc plus que le jeune complice, présent au tribunal ce jeudi matin. Poursuivi pour complicité de vol avec arme, il avait déjà été placé quatre mois en détention provisoire. Reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés, il a notamment écopé d’une peine de quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis avec mise à l’épreuve.
Les faits
Le 3 janvier 2010 aux environs de 22h30, un couple de restaurateurs et leur fils sont victimes d’un vol avec arme à leur domicile. Leur fille n’est pas encore rentrée. Séquestrés, attachés et bâillonnés par deux hommes cagoulés et armés, ils sont forcés d’indiquer où se trouve le coffre dans lequel ils gardent les recettes de leur restaurant à Pinel. Les deux braqueurs s’emparent de 40 000 euros, de bijoux et de cartes de crédit. C’est alors que la fille et son petit ami arrivent et voient un véhicule suspect – la plaque d’immatriculation est masqué par un « W » en ruban adhésif – stationné devant la maison. La jeune fille, soupçonnant un problème, va voir chez elle et tombe nez à nez avec l’un des braqueurs. Elle parvient malgré tout à s’enfuir. S’ensuit une altercation entre les braqueurs, le petit ami de la jeune fille et un témoin, qui est frappé d’un coup de crosse à la tête. Les agresseurs prennent la fuite. Pierre G., quant à lui, affirme qu’il est parti avant l’arrivée des deux braqueurs sur les lieux. Une enquête est ouverte et il apparaît que les braqueurs étaient bien renseignés sur la configuration de la maison et sur la composition de la famille. La présence d’un complice dans cette affaire – d’une personne qui connaît bien la maison – ne fait bientôt plus aucun doute. Il s’avère que la mère de Pierre G. habite la maison voisine et que le jeune homme aurait plusieurs fois émis l’idée de cambrioler la maison car il soupçonne l’existence d’un coffre. Ces éléments permettent aux enquêteurs de remonter vers lui.
La condamnation
« Jusqu’au dernier moment, je ne pensais pas que ça allait se faire », raconte Pierre G. à la barre. Il indique cependant avoir parlé de cette maison et de ce coffre à « Costaud » qu’il aurait rencontré en novembre 2009. « C’est lui qui a insisté pour cambrioler la maison et je me suis retrouvé dans un engrenage », poursuit le jeune homme en insistant sur la peur qu’il avait de « Costaud », après avoir entendu des rumeurs qui le qualifiaient de « dangereux ». « Vous aviez peur de “Costaud”, mais vous n’avez pas eu peur de l’envoyer chez la famille ? », lui a demandé l’avocat de la partie civile. Les membres de la famille, présents lors de l’audience à l’exception du fils, ont insisté sur la violence des faits et sur la « trahison » de Pierre G. qu’ils connaissaient, selon eux, depuis son plus jeune âge. En outre, ils ont chacun mis l’accent sur une « souffrance post-traumatique » et sur leur vie sociale « dégradée par la violence et la peur ».
Selon le procureur, le rôle de Pierre G. a été « central » dans ce vol à main armée, « car sans lui, ce braquage n’aurait jamais eu lieu », puisqu’il était seul à soupçonner l’existence d’un coffre. En revanche, le jeune homme a bénéficié d’une expertise psychiatrique où il a été déclaré vulnérable.
« Mon client est accablé par ce qui s’est produit », a déclaré son avocat. « C’est un désastre humain, professionnel, judiciaire et familial pour lui. Il a pris conscience qu’il a bousillé des vies, y compris la sienne, mais il a été instrumentalisé par “Costaud” et la situation lui a échappé ». Malgré la plaidoirie de son avocat, ce jeune homme d’une vingtaine d’années a été reconnu coupable de complicité de vol avec arme. Il a écopé d’une peine de quatre ans de prison dont deux avec sursis et de plusieurs amendes pour préjudices matériel et physique. « Je sais que tout est de ma faute », a-t-il déclaré, tête basse, après l’annonce du verdict. « Je suis désolé pour tout ce qui s’est passé ».
Ils devaient être trois à la barre ce jeudi matin, mais Pierre G. était seul. « Costaud » est toujours introuvable, malgré le mandat d’arrêt et la coopération entre les autorités françaises et colombiennes, puisqu’il pourrait avoir fui en Colombie avec sa compagne qui est, selon l’enquête, d’origine colombienne. Quant à l’autre braqueur, qui avait déclaré lors de son audition qu’il avait commis ce vol parce qu’il avait des dettes, il serait décédé depuis un mois… C.C.-F.