Elections territoriales Ce que l'UD propose pour l'agriculture
L'Union Pour la Démocratie rend actuellement publiques les conclusions de ses commissions, qui ont travaillé sur les grands axes qui feront le futur programme du groupe. Mercredi, Daniel Gibbs était accompagné d'un expert en agriculture, Guy Anaïs, pour exposer à la presse les projets de l'UD en matière de développement agricole pour Saint-Martin.
La commission agriculture, pêche et développement rural de l'UD a rendu un rapport qui reprend les objectifs du groupe dans ces domaines. Et l'UD entend relancer l'agriculture sur l'île, en entamant notamment une réforme foncière qui permettrait de récupérer des terres pour les mettre à disposition de jeune agricultures. Pour Guy Anaïs, "Un pays sans agriculture est un pays sans avenir." et la relance de ce secteur sera indispensable, pour créer de l'emploi notamment. Cet ingénieur horticole de 70 ans, né à Saint-Martin, a été directeur de recherche à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) ; il se souvient du temps où Saint-Martin avait un élevage "florissant" et des terres cultivées où l'on produisait toutes sortes de légumes. "Si l'agriculture a été laissée de côté, c'est parce que le tourisme s'est développé.", explique Guy Anaïs, car la main d'œuvre est partie travailler dans le secteur touristique, plus rémunérateur et moins dur que le travail de la terre.
Dans son rapport, la commission liste les atouts et les contraintes de notre île : à savoir des terres non polluées et un marché demandeur, mais une ressource en eau limitée et l'absence de formations. Pour les experts, qui se sont appuyés sur le plan de relance de l'agriculture et de la pêche réalisé par la collectivité, il y a des choses qui peuvent "être mises en œuvre à court terme sans nécessiter des moyens exorbitants." et il y a un réel "potentiel sous exploité" à Saint-Martin. Les priorités consisteraient à former des jeunes en créant une "Maison familiale rurale" qui proposerait des formations en alternance. Le développement agricole passerait par une réforme foncière qui consisterait à récupérer des terres en friche pour les mettre à disposition des jeunes agriculteurs par le biais de contrats de fermage par exemple. Cette formule permet aux exploitants de disposer de terres sans engager de capitaux tout en respectant les droits des propriétaires. Le rapport préconise ensuite de créer un Groupement Foncier Agricole (GFA), qui permettrait notamment de mutualiser les moyens et d'organiser la distribution de la production. Car si l'agriculture se développe à Saint-Martin, il faudra que les productions puissent être écoulées localement et que les acteurs de l'économie s'engagent à consommer local. Et les productions seront de qualité ; tous les acteurs s'accordent à dire qu'il faut privilégier une agriculture biologique ou tout du moins raisonnée et respectueuse de l'environnement. L'UD envisage également une ouverture sur l'international afin de s'inspirer des expériences des autres îles de la Caraïbe. Enfin, ce développement agricole pourrait être un atout pour le tourisme ; la création de structures agro-touristiques (gîtes, accueil à la ferme, tables d'hôtes...) serait un plus pour notre économie.
Parmi les conclusions du rapport figurent également la mise en fonctionnement de l'abattoir, une amélioration des ressources animales et végétales, et un volet de développement de la pêche et de l'aquaculture.
L'UD ne présente pour le moment que les grands axes de son futur programme ; le groupe propose que soient organisées des assises du développement agricole et rural afin de préciser les besoins et projets dans ces domaines. Daniel Gibbs et l'Union pour la Démocratie exposent aujourd'hui aux médias leurs travaux en matière d'environnement ; la semaine prochaine se tiendra une conférence lors de laquelle sera présenté le "Team UD 2012" ! On y arrive... M.M.