Les affaires de Saint-Barth Une quinzaine de personnes escroquées
par un jeune homme
Y.B., 26 ans, se présente à la barre du tribunal correctionnel de Saint-Martin. L'air abattu, il écoute le juge énumérer les escroqueries pour lesquelles il est poursuivi. Et elles sont nombreuses ; une quinzaine de personnes auraient été arnaquées par ce jeune homme "de bonne famille" à Saint-Barthélemy et à Saint-Martin.Y.B. a été condamné à un mois de prison avec sursis au mois d'octobre 2009 pour des faits de même nature.
En faisant croire à ses victimes qu'il pouvait avoir des billets d'avion à prix réduits grâce à des "miles" ou en prétextant qu'il travaillait dans l'aérien, il a pu soutirer des sommes allant de quelques centaines à plus de 2000 euros à ses victimes, toutes des membres de son entourage ou de sa famille. Trois victimes sont présentes au tribunal. Elles expliquent comment ce jeune homme a pu user de leur confiance en inventant des histoires toujours plus incroyables. "Nous avons l'habitude de le croiser tous les jours à Saint-Barth, nous connaissons toute sa famille, nous ne pouvions pas penser qu'il allait nous escroquer.", explique une des victimes qui a versé plus de 100 000 euros pour l'achat d'un terrain à la Pointe Milou. Ce fameux terrain appartenait bien à la famille du jeune homme, mais une partie avait déjà été vendue. Y.B. a mené en bateau sa victime pendant de longs mois en lui prétextant qu'il avait besoin d'argent pour les frais de succession. "C'est très dur pour moi de le croiser tous les jours.", explique la victime, qui vit toujours à Saint-Barthélemy. Cet acheteur berné a été remboursé en quasi totalité, mais il demande 10 000 euros de dommages et intérêts. Les autres victimes ont également pour la plupart été remboursées par Y.B. depuis que l'enquête a été ouverte.
A la barre, le jeune homme explique qu'il a commencé à "faire n'importe quoi" lorsqu'il a appris qu'il avait été contaminé par une maladie sexuellement transmissible. Mais il n'aura aucun mot d'excuse ou de regret à l'attention de ses victimes.
"Le prévenu n'a pas une tête de voyou et il en a profité.", déclare le Vice-Procureur Jacques Louvier ; "Il faut un coup d'arrêt." Ajoute-t-il en requérant une peine de prison d'un an avec sursis.
Le tribunal reconnaîtra la culpabilité du jeune homme, il le condamnera à un an de prison avec sursis, mise à l'épreuve de 2 ans et obligation d'indemniser ses victimes.
Détention de stupéfiants
A.A. comparait devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin pour détention non autorisée, usage et cession de stupéfiants. Domicilié à Saint-Barthélemy, cet homme de 38 ans fait régulièrement des allers-retours à Saint-Martin où se trouve sa famille. Son casier judiciaire est loin d'être vierge, il a déjà été condamné pour des faits de détention de stupéfiants, plusieurs actes de violences et une tentative de vol.
A.A. a été dénoncé par un de ses colocataires comme étant revendeur de cannabis à Saint-Barthélemy, où l'herbe se vend beaucoup plus cher qu'à Saint-Martin. Lors d'une perquisition à son domicile, 56g d'herbe de cannabis et 14g de graines ont été saisis. Des "feuillages bruns et des sachets ont également été découverts.", explique le juge. L'homme a déclaré lors de l'enquête qu'il fumait depuis l'âge de 9 ans et que cette herbe était destinée à sa consommation. "Je l'ai achetée et je me suis fait arnaquer.", précise-t-il aux juges, à qui il explique qu'il ne s'agissait pas en réalité d'herbe de cannabis.
Pour le Procureur, les accessoires retrouvés lors de la perquisition démontrent qu'il y a bien eu trafic. Il requiert 6 mois de prison et une amende de 2000 euros.
L'avocat du prévenu dénonce les imprécisions de la procédure et l'indécision de la partie poursuivante. Il réclame la relaxe car il n'a pas été prouvé qu'il s'agissait bien d'herbe de cannabis. "Il faut dire aux enquêteurs de ne pas détruire les saisies.". En outre, son client avait été dénoncé comme étant un revendeur de cocaïne or aucune trace de cette drogue n'a été retrouvée chez lui. La dénonciation ne tiendrait pas debout.
Le tribunal condamnera finalement l'accusé à une peine de 3 mois de prison avec sursis, mise à l'épreuve de 2 ans et obligation de traitement. Il a été relaxé pour la détention de stupéfiants mais reconnu coupable de l'usage.
De la prison avec sursis
pour des fraudes aux impôts
Mr et Mme A., domiciliés à Saint-Barthélemy, sont poursuivis par la justice pour avoir omis de déclarer leurs activités aux services fiscaux. Seule Mme A., gérante d'un salon de coiffure, est présente à la barre.
Le couple, qui a divorcé depuis les faits, est récidiviste. Ils avaient déjà été condamnés il y a quelques années pour des faits similaires.
Lors d'un nouveau contrôle en 2005, les services fiscaux constatent qu'un certain nombre des activités du couple ne sont pas déclarées. S'ils étaient déjà séparés lors du contrôle, aucun n'avait déposé de déclaration de revenus.
Les services fiscaux de Guadeloupe sont représentés par un avocat qui demande la reconnaissance de la culpabilité des deux accusés et l'affichage du jugement. L'accusée explique au tribunal que son ex-mari s'est toujours occupé des papiers administratifs. Depuis leur séparation en 2003, elle a eu du mal à refaire surface et a omis de déclarer certaines de ses activités. Son avocate explique qu'elle a depuis fait le nécessaire et qu'elle déclare désormais tous ses revenus ; elle demande la plus grande indulgence au tribunal.
L'accusée sera finalement condamnée à 6 mois de prison avec sursis ; son ex-mari écopera d'une peine d'un an de prison avec sursis, 5000 euros d'amende et publication de la peine.
Sandy-Ground
Des égouts qui débordent depuis 6 ans
devant les habitations !
C'est une résidente du quartier de Sandy-Ground qui nous a contactés en début de semaine. Depuis 6 ans maintenant, la bouche d'égout qui se trouve devant sa maison déborde régulièrement et les eaux usées se déversent dans la cour de sa maison.
Les différents services de la commune puis de la collectivité ont été alertés du problème, mais rien n'a été fait, chacun expliquant que cette bouche d'égout n'est pas de sa responsabilité. "Ma maison était construite alors que la route n'existait même pas.", explique cette résidente excédée, qui ne peut même plus dormir dans sa chambre qui donne sur la rue à cause des odeurs. "J'habite ci depuis 1972 et cela fait 6 ans que je vis avec ce problème d'égout. Je ne sais plus quoi faire. La rue est plus haute que ma maison et les eaux coulent dans ma cour et dans ma maison." ajoute-t-elle. La semaine dernière, cette dame âgée a même dû faire venir elle-même un camion pour déboucher l'égout et débourser 120 euros car l'eau usée pénétrait dans le rez-de-chaussée de sa maison.
C'est un réel problème d'insalubrité et d'hygiène publique qui est engendré par cette bouche d'égout obsolète. Les enfants du quartier jouent régulièrement dans cette rue, et sont en contact direct avec ses eaux insalubres. Ce problème doit être résolu au plus vite, les habitants de la rue ne peuvent plus supporter cette situation !
Une petite fille de 3 ans décède à l'hôpital
Le vice procureur ouvre
une information contre X
Lundi dernier, une petite fille de 3 ans est décédée à l'hôpital de Saint-Martin. Ses parents ont porté plainte pour non-assistance à personne en péril, auprès de la gendarmerie. Le vice-procureur Jacques Louvier a décidé d'ouvrir une information pour homicide involontaire contre X, de manière à dégager d'éventuelles responsabilités.
Nellio St Louis, le papa de Bianca âgé de 3 ans, est anéanti. Sa petite fille est décédée lundi dernier, après une hospitalisation de trois jours. Il explique que « Bianca a été opérée dans un premier temps d'une péritonite en Guadeloupe au mois de décembre dernier ». L'enfant a été admis aux urgences de l'hôpital de Saint-Martin vendredi 27 février, alors qu'elle se plaignait de violents maux de ventre. Nellio St Louis souhaitait qu'elle soit évacuée vers la Guadeloupe dès le vendredi, mais il semblerait que la décision d'évacuer l'enfant n'ait été prise que le lundi 1er mars. « L'hôpital m'a contacté lundi pour me dire de me tenir prêt, que ma fille, qui était au plus mal, serait évacuée dans la journée, c'était malheureusement trop tard », explique le père de l'enfant.
Le vice-procureur a fait pratiquer une autopsie vendredi 5 mars, pour connaître les causes de la mort. « D'après les conclusions du médecin légiste, qui s'est déplacé de Martinique, l'enfant est décédée des suites d'une occlusion intestinale aigue », explique Jacques Louvier.
Le vice-procureur a décidé d'ouvrir une information pour homicide involontaire contre X, de manière à mener une enquête sur le déroulement des faits et de déterminer s'il y a eu faute ou pas de la part de l'hôpital.
L'enfant sera inhumé vendredi 12 mars à 15h. La cérémonie se tiendra en l'église catholique de Marigot.