C'est à la radio locale, sur 101.5 FM, que le sénateur de Saint-Martin, Louis Constant Fleming s'est exprimé la semaine dernière, passant en revue l'actualité et regrettant les contrôles des services de l'Etat trop accrus depuis quelques mois auprès des contribuables de Saint-Martin.
Lors de son passage à la radio 101.5 FM la semaine dernière, le sénateur a regretté les contrôles trop nombreux des services de l'Etat, qui s'apparentent parfois, selon ses dires, à du harcèlement, notamment auprès de citoyens sans histoire. Il déclarait que si le temps était venu de protester publiquement contre ces agissements, il serait le premier à descendre dans la rue. Son année d'inéligibilité touchait à sa fin le 25 juillet dernier, et le sénateur s'exprimait à la radio sur divers sujets politiques.
« La présence de l'Etat s'est largement accrue ces deux dernières années, et cela a l'effet pervers de se sentir scruté, observé », déclarait-il. Cette situation crée un climat de tension, les autorités de l'état ayant le pouvoir de vous retenir deux jours et de vous questionner sur vos biens et vos activités. Certains résidents américains des Terres-Basses ont fait l'objet de ces contrôles et leur résidence a été fouillée. On ne peut pas traiter de la sorte des personnes honnêtes qui contribuent à l'économie de l'île. Nous devons rester vigilants car ces personnes ne viendront plus chez nous. »
- Le sénateur passe en revue les différents problèmes de l'île
Le sénateur abordait aussi le sujet des nombreux « sans domicile fixe » qui errent dans les rues de Marigot, avec depuis quelques temps de nouvelles têtes venues d'Europe. « C'est la première fois que les Saint-Martinois accueillent autant de SDF venus d'ailleurs. Là aussi, il faut que nous fassions attention, car ces SDF vont venir de plus en plus nombreux et la situation sera ingérable », expliquait-il à la radio. Préoccupé par ces questions, et notamment par la présence policière parfois trop voyante, le sénateur déclarait vouloir s'entretenir avec le nouveau préfet délégué Simonnet, qui prendra officiellement ses fonctions à la rentrée de septembre. Il abordait ensuite le problème du déclin du tourisme, en rappelant que la coopération entre les deux offices de tourisme de l'île était essentielle. « Nous devons travailler main dans la main pour promouvoir la destination. Sans ce partenariat, rien de concret ne se fera », s'insurgeait-il. Les deux offices doivent aller dans la même direction, et agir avec les mêmes techniques de marketing, les Etats-Unis, plutôt que l'Europe, restant notre principale manne touristique avec une desserte aérienne plus développée. Nous devons briser les barrières, notamment celle de la langue, pour promouvoir l'île dans un même élan. C'est pour cela que je recommande à la présidente de l'O.T de Saint-Martin de nommer un directeur qui soit de Saint-Martin, qui soit qualifié, et qui puisse être le lien entre les deux parties de l'île. Cela pourra être un lien entre les gouvernements pour travailler sur divers aspects communs de la politique locale. » (NDLR : Le bureau a finalement nommé une Martiniquaise, Corinne Picaut, directrice de l'Office).
Autre préoccupation du sénateur, abordée à l'antenne, la possibilité pour la collectivité de garder les devises sur le territoire. « Nous réfléchissons à des solutions pour que l'argent généré ou gagné à Saint-Martin soit dépensé sur place. Des discussions sont en cours avec la CAF et la sécurité sociale pour que l'argent des prestations familiales ne puisse pas sortir du territoire. Les sommes pourraient par exemple être distribuées sous forme de bons (vouchers) ».
Le sénateur rappelait également qu'un projet de privatisation de l'aéroport de Grand Case était à l'étude pour optimiser le site. Il ajoutait au sujet du développement de la baie de Marigot, qu'il était urgent de passer à la vitesse supérieure. « 300 000 euros ont déjà été dépensés dans des études de faisabilité, on ne peut pas s'arrêter en chemin et déclarer en 2012 que rien n'a avancé ! » Louis-Constant Fleming parlait aussi de son projet de création d'une université en partie française.
« Cette décision doit être prise par l'Etat, mais je ferai mon maximum car avec 10 000 jeunes scolarisés sur l'île, la collectivité doit pouvoir fournir des possibilités d'études supérieures sur place. »
N.L Source Daily Herald