Les restaurateurs interpellent
le Préfet et la COM
Mercredi 10 septembre dernier, la fédération des restaurateurs de Saint-Martin était reçue par le préfet délégué, Dominique Lacroix. Au menu de cette première rencontre, des questions diverses sur les problèmes d’insécurité, les contrôles vétérinaires, l’ouverture tardive des établissements, l’affichage des prix, et les conséquences d’une économie en berne. Si quelques avancées sont constatées à l’issue de la rencontre, il reste encore un travail considérable à accomplir. Coup de zoom :
Depuis plusieurs mois, les restaurateurs subissent de plein fouet la crise économique et ils ont le sentiment d’être la cible d’une administration de plus en plus présente et tatillonne. La pression de l’état est donc fortement ressentie par les socioprofessionnels de Saint-Martin, avec une présence locale des services de l’état qui étaient autrefois plus lointains.
Président de la FERCOM (Fédération des restaurateurs de la COM), José Manrique demandait une réunion d’urgence au préfet le 2 septembre dernier sur ces questions urgentes. Le lendemain, il avait une réponse du préfet et une rencontre était arrangée pour le 10 septembre. Albert du Waikiki, George de la Belle Epoque et José Manrique du Tastevin, était donc délégués par la Fercom pour assister à cette réunion animée par le préfet délégué. Une rencontre qui s’est tenu en présence du vice-président chargé de l’économie du territoire Daniel Gibbs, du DGA de la COM Pierre Brangé, du commandant de gendarmerie Loïc Baras, de M.Pertusot, de la répression des fraudes et de Gilles Marçoni, responsable des services vétérinaires.
Plusieurs Grands thèmes abordés
Parmi les six grands thèmes soumis par les restaurateurs aux autorités, les contrôles vétérinaires et les traçabilités des produits ont fait l’objet d’une vive discussion. Les restaurateurs ont demandé au service vétérinaire de laisser le temps aux restaurateurs concernés par la remise aux normes de faire leurs travaux. « Les services vétérinaires ont réalisé de nombreux contrôles, mais aucun procès-verbal n’a été dressé », a répondu Gilles Marçoni. L’administration s’est pour l’instant contentée de dresser des comptes-rendus d’inspection. Il est surtout question aujourd’hui de prévenir les restaurateurs pour une mise aux normes progressive, mais bien évidemment, l’état passera à la vitesse supérieure à un moment donné. Quant à l’entrée sur le territoire de la CEE de produits US, la préfecture a consenti que si la traçabilité est respectée, ces produits américains (comme la viande) seront tolérés sur le territoire. Les restaurateurs souhaitent que la COM s’engage sur ce terrain, et créé une bonne fois pour toute une législation adaptée aux spécificités de l’île et à la proximité de Sint Maarten.
• La sécurité au centre du débat
Vaste sujet, la sécurité du territoire préoccupe les restaurateurs, qui ont demandé que 10 patrouilles circulent aux heures sensibles sur toute la partie française. L’administration est bien loin de ce chiffre, puisque actuellement 1 à 3 patrouilles, seulement, circulent chaque jour. Pourtant, la gendarmerie annonçait disposer de 110 gendarmes (80 gendarmes fixes et 30 mobiles). Les restaurateurs ont l’impression que les choses avancent lentement, notamment sur les braquages. Pour les autorités, il ne faut pas sous-estimer le travail des gendarmes en civil. La COM annonçait l’arrivée début octobre du nouveau chef de la police territoriale. Une coopération entre gendarme, policiers, mais aussi agents de compagnie de sécurité sera mise en place. Reste à savoir si les 10 patrouilles par jour seront alors d’actualité. Le problème des squats en centre ville, de la vente de drogue sous le nez des touristes, a aussi été posé. Pour le préfet, des actions sont menées, mais pas forcément médiatisée. Pour les squats, il est difficile d’agir car ce sont des lieux privés. Le manque d’éclairage public a aussi été abordé. La COM dit travailler sur cet aspect. Un budget a été voté pour l’installation de caméras vidéo dans le centre ville et les lieux sensibles.
• L’affichage des prix en dollar
Depuis toujours Saint-Martin est dans une zone dollar, les restaurateurs souhaitent pouvoir afficher leur prix en euros ou en dollar, car ils perdent une partie de la clientèle américaine. Sur ce point, l’administration a consenti de leur laisser présenter leurs menus qu’en dollar s’ils le souhaitent, ce qui n’était pas autorisé jusque-là. « Nous souhaitons vivement que Saint-Martin reprenne progressivement son identité dollar », précisait Albert. « Par contre, le même taux de change doit être appliqué à tous les modes de paiement. Les commerçants qui proposent du 1$ pour 1€ si paiement Cash, s’exposent à des contrôles car c’est illégal », a rétorqué la répression des fraudes.
• L’ouverture tardive
Récemment, Le Waikiki avait vu sa soirée blanche avortée avant 2h du matin par les gendarmes, suite à une plainte d’un voisin. Le Waikiki avait pourtant demandé une autorisation d’ouverture tardive à la préfecture, restée sans réponse. Saint-Martin a besoin de ces soirées pour attirer les touristes, il fallait donc trouver des solutions. Les autorités ont rappelé ceci : Les établissements ont le droit d’être ouvert jusqu’à 3h du matin le samedi et le dimanche et 1h du matin en semaine. Dorénavant, pour toute demande d’ouverture tardive, les restaurateurs devront adresser un courrier à la COM, stipulant les raisons et l’heure de fin de soirée, un mois avant la date choisie. Pas de réponse équivaudra à un « non ».
Les restaurateurs ont également abordé le problème des dettes fiscales et sociales de certaines entreprises en difficulté. L’état a répondu qu’un moratoire serait possible au cas par cas dès le retour de m.Liégion chargé de ces dossiers pour la préfecture.
Avec 65 membres inscrits sur environ 130 établissements, la FERCOM, représente aujourd’hui plus de la moitié de la profession, elle a donc un poids considérable sur l’économie locale. Si cette première rencontre a surtout servi à établir un bon contact avec les autorités, elle a cependant permis de réaliser quelques petites avancées. Les restaurateurs sont satisfaits, mais savent qu’il reste du pain sur la planche. Une rencontre par mois sera organisée avec la COM et une rencontre trimestrielle avec tous les intervenants en préfecture. La FERCOM invite d’ailleurs les autres associations à se fédérer et à la contacter sur: www.fercomsxm.com
N.L
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